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Analyses linéaires

Voyage au centre de la Terre - Chapitre XVIII - La descente : analyse linéaire



Lundi 1er juillet.


Chronomètre : 8 h. 17 m. du matin.


Baromètre : 29 p. 7 l.


Thermomètre : 6°.


Direction : E.-S.-E.


Cette dernière observation s’appliquait à la galerie obscure et fut indiquée par la boussole.


« Maintenant, Axel, s’écria le professeur d’une voix enthousiaste, nous allons nous enfoncer véritablement dans les entrailles du globe ! Voici donc le moment précis auquel notre voyage commence. »


Cela dit, mon oncle prit d’une main l’appareil de Ruhmkorff suspendu à son cou ; de l’autre, il mit en communication le courant électrique avec le serpentin de la lanterne, et une assez vive lumière dissipa les ténèbres de la galerie.


Hans portait le second appareil, qui fut également mis en activité. Cette ingénieuse application de l’électricité nous permettait d’aller longtemps en créant un jour artificiel, même au milieu des gaz les plus inflammables.


« En route ! » fit mon oncle.


Chacun reprit son ballot. Hans se chargea de pousser devant lui le paquet des cordages et des habits, et, moi troisième, nous entrâmes dans la galerie.


Au moment de m’engouffrer dans ce couloir obscur, je relevai la tête, et j’aperçus une dernière fois, par le champ de l’immense tube, ce ciel de l’Islande « que je ne devais plus revoir. »


La lave, à la dernière éruption de 1229, s’était frayé un passage à travers ce tunnel. Elle tapissait l’intérieur d’un enduit épais et brillant ; la lumière électrique s’y réfléchissait en centuplant son intensité.


Toute la difficulté de la route consistait à ne pas glisser trop rapidement sur une pente inclinée à quarante-cinq degrés environ ; heureusement certaines érosions, quelques boursouflures tenaient lieu de marches, et nous n’avions qu’à descendre en laissant filer nos bagages retenus par une longue corde.


Mais ce qui se faisait marche sous nos pieds devenait stalactite sur les autres parois. La lave, poreuse en de certains endroits, présentait de petites ampoules arrondies ; des cristaux de quartz opaque, ornés de limpides gouttes de verre et suspendus à la voûte comme des lustres, semblaient s’allumer à notre passage. On eût dit que les génies du gouffre illuminaient leur palais pour recevoir les hôtes de la terre.


« C’est magnifique ! m’écriai-je involontairement. Quel spectacle, mon oncle ! Admirez-vous ces nuances de la lave qui vont du rouge brun au jaune éclatant par dégradations insensibles ? Et ces cristaux qui nous apparaissent comme des globes lumineux ?


— Ah ! tu y viens, Axel ! répondit mon oncle. Ah ! tu trouves cela splendide, mon garçon ! Tu en verras bien d’autres, je l’espère. Marchons ! marchons ! »


J. Verne, Voyage au centre de la Terre, (1864)



Introduction

 

  • Présentation de l'auteur, de l'œuvre et de l'extrait


Jules Verne est un écrivain français du XIXᵉ siècle, connu pour ses romans d'aventures qui associent découvertes scientifiques et imagination. Publié en 1864, Voyage au centre de la Terre raconte l'expédition du professeur Lidenbrock, de son neveu Axel et de leur guide Hans, qui tentent de pénétrer à l'intérieur du globe terrestre.


Dans cet extrait du chapitre 18, les trois voyageurs commencent véritablement leur descente dans les profondeurs de la Terre. Ils découvrent un tunnel volcanique dont les formes et les couleurs les émerveillent, malgré les difficultés de leur progression. Jules Verne mêle ainsi des explications scientifiques à une description qui donne au monde souterrain une dimension presque magique.

 


Analyse générale du passage

Ce petit complément ne sera pas à restituer à l’oral : il te permet juste de situer le passage et d’en comprendre les enjeux avant d’aller plus loin dans l’analyse.


Ce passage raconte le début de la véritable exploration des profondeurs terrestres par les trois voyageurs. Les indications précises concernant la date, l'heure et les instruments donnent d'abord une impression de réalisme scientifique. Le professeur Lidenbrock apparaît enthousiaste et impatient de commencer cette aventure. Les détails techniques montrent également que les progrès de la science permettent aux personnages d'affronter les difficultés de l'exploration.


Cependant, la descente reste dangereuse, car les voyageurs doivent progresser sur une pente raide et glissante. Le dernier regard d'Axel vers le ciel de l'Islande souligne la séparation avec le monde extérieur et annonce une longue période loin de la surface. Peu à peu, la description du tunnel prend une dimension plus spectaculaire grâce aux jeux de lumière sur la lave et les cristaux. Les comparaisons et les images employées par le narrateur transforment alors les formations rocheuses en éléments d'un palais merveilleux. Le vocabulaire des couleurs et de la lumière permet au lecteur d'imaginer la beauté de ce paysage souterrain. Les exclamations d'Axel révèlent son émerveillement et invitent le lecteur à partager ses émotions. Enfin, l'impatience du professeur rappelle que les découvertes ne font que commencer et que l'aventure va se poursuivre.



Problématique


Comment Jules Verne transforme-t-il une exploration scientifique en une découverte merveilleuse des profondeurs de la Terre ?





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