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philosophie

2. Dissertations

craindre passage temps

Faut-il craindre le passage du temps ?


1. Problématisation

Le temps semble être une force inévitable qui s’impose à tous : il fait vieillir les corps, efface les souvenirs, détruit les choses et rappelle sans cesse la perspective de la mort. De ce point de vue, le passage du temps apparaît comme une menace, voire comme quelque chose qu’il faudrait craindre. Pourtant, le temps n’est pas seulement synonyme de perte : il permet aussi la croissance, l’expérience, la maturation personnelle et l’accomplissement de projets. Sans le temps, rien ne pourrait évoluer ni avoir de sens.Dès lors, la crainte du temps est-elle fondée ou repose-t-elle sur une mauvaise manière de le penser ? Le temps est-il nécessairement un ennemi de l’homme ou peut-il au contraire être une condition de son accomplissement ?

2. Problématique

Faut-il craindre le passage du temps comme une force de destruction et de finitude, ou peut-on au contraire y voir une condition essentielle de l’expérience humaine et de la liberté ?

3. Plan détaillé

I. Le passage du temps semble légitimement susciter la crainte

A. Le temps comme agent de destruction et de vieillissement

  • Le temps use les corps, affaiblit les forces physiques et conduit inévitablement à la mort.

  • Exemple : Épicure montre que la conscience de la mort peut être source d’angoisse, même si elle cherche à la dissiper.

B. Le temps comme perte irréversible

  • Le passé ne revient pas : occasions manquées, jeunesse perdue, êtres aimés disparus.

  • Exemple : Saint Augustin, dans Les Confessions, exprime la douleur liée à la fuite du présent vers le passé.

C. Le temps comme limite imposée à l’homme

  • L’homme est fini : il n’a jamais « assez de temps » pour tout accomplir.

  • Exemple : Heidegger, qui montre que l’être humain est un « être-pour-la-mort », constamment confronté à la finitude temporelle.

II. Pourtant, craindre le temps revient à mal le comprendre

A. Le temps comme condition de toute expérience humaine

  • Sans le temps, il n’y aurait ni changement, ni apprentissage, ni conscience.

  • Exemple : Kant, pour qui le temps est une forme a priori de la sensibilité, indispensable à toute expérience.

B. Le temps comme construction de la conscience

  • Le temps n’est pas seulement extérieur : il est vécu intérieurement.

  • Exemple : Bergson et la notion de durée, temps vécu qualitativement, qui enrichit la conscience.

C. La crainte du temps comme peur de soi-même

  • Ce que l’on craint, ce n’est pas le temps, mais ce qu’il révèle : nos choix, nos échecs, notre responsabilité.

  • Exemple : Sartre, pour qui l’homme est responsable de ce qu’il fait de son temps.

III. Ne pas craindre le temps : apprendre à l’habiter et à lui donner sens

A. Le temps comme possibilité de construction de soi

  • Le temps permet de se former, de se transformer et de devenir soi-même.

  • Exemple : Hegel, pour qui l’histoire (individuelle et collective) est un processus de réalisation progressive.

B. L’acceptation du temps comme sagesse

  • Accepter ce qui dépend du temps permet de se libérer de l’angoisse.

  • Exemple : les Stoïciens (Épictète, Marc Aurèle), qui invitent à accueillir le temps avec sérénité.

C. Faire du temps une ressource plutôt qu’une menace

  • Le sens de la vie dépend de l’usage que l’on fait du temps présent.

  • Exemple : Montaigne, qui invite à « apprendre à vivre » plutôt qu’à craindre de mourir.

👉 Ouverture possible

On peut se demander si ce n’est pas précisément parce que le temps est limité qu’il donne de la valeur à nos actions et à notre existence.


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