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philosophie

2. Dissertations

decide etre heureux

Décide-t-on d’être heureux ?

  1. Analyse du sujet

Le sujet interroge le rapport entre la volonté et le bonheur. Le verbe « décider » renvoie à un acte conscient, volontaire, libre : décider, c’est choisir délibérément après réflexion. La question suppose donc que le bonheur pourrait dépendre d’un choix personnel, d’une décision intérieure.

Mais le bonheur est traditionnellement défini comme un état durable de satisfaction, de plénitude, parfois lié au plaisir, parfois à l’accomplissement de soi. Or un état affectif ou existentiel peut-il vraiment être décidé, comme on décide d’agir ou de changer d’avis ?

Le sujet met ainsi en tension deux idées :– le bonheur relèverait de la liberté et de la volonté individuelle– le bonheur dépendrait de facteurs qui échappent à notre contrôle (événements, caractère, conditions matérielles, hasard)

  1. Problématisation

Si le bonheur est une affaire de décision, alors chacun serait responsable de son bonheur ou de son malheur. Mais si le bonheur dépend de circonstances extérieures ou de dispositions psychologiques involontaires, alors il ne peut être l’objet d’un choix.

Dès lors, la question se pose : le bonheur peut-il être le résultat de notre volonté et de notre raison ou est-il un simple état que l’on subit ? Peut-on décider directement d’être heureux, ou seulement agir sur les conditions qui rendent le bonheur possible ?

Problématique possible :le bonheur peut-il être l’objet d’une décision volontaire, ou bien échappe-t-il par nature à la volonté humaine ?

  1. Plan détaillé

 

I. le bonheur peut dépendre d’un choix de vie et d’une attitude intérieure

  1. le bonheur comme fruit d’un choix rationnel


    Le bonheur peut être conçu comme le résultat d’une vie conforme à la raison.


    →  Épicure : le bonheur repose sur le choix réfléchi des plaisirs et la maîtrise des désirs.

  2. décider de ce qui dépend de nous


    Même si tout ne dépend pas de nous, nous pouvons décider de notre attitude face aux événements.


    → Épictète, Manuel. Il faut distinguer ce qui dépend de nous (jugements, désirs) et ce qui n’en dépend pas.

  3. le travail sur soi comme condition du bonheur


    Le bonheur n’est pas immédiat, mais le résultat d’un exercice de la volonté.


    → Spinoza : la joie véritable naît de l’activité de l’esprit et de la compréhension.

 

Transition : si on peut choisir une manière de vivre qui favorise le bonheur, on ne peut pas forcément décider directement d’être heureux

 

II. Cependant le bonheur ne semble pas dépendre que de nous

  1. le bonheur comme état affectif involontaire


    Les émotions et les sentiments ne se commandent pas. On ne peut pas décider d’éprouver de la joie ou de ne pas ressentir de tristesse.


    → Spinoza, Éthique : les affects sont des modifications du corps et de l’âme que nous subissons souvent plus que nous ne les maîtrisons.

  2. le rôle du hasard et des circonstances extérieures


    La santé, la réussite, les relations, les épreuves de la vie influencent fortement le bonheur.


    → Aristote, Éthique à Nicomaque : le bonheur nécessite des biens extérieurs ; un homme accablé par le malheur ne peut être pleinement heureux.

  3. le danger d’une injonction au bonheur


    Dire que l’on décide d’être heureux peut conduire à culpabiliser ceux qui souffrent. En transformant le bonheur en une obligation morale implicite, on fait peser toute la responsabilité du bonheur (ou du malheur) sur l’individu


    → Pascal, Pensées : l’homme est fragile, inquiet, soumis à la misère de sa condition.

Transition : toutefois si le bonheur semble nous échapper partiellement, nous pouvons réaliser    les conditions qui le rendent possible.

III. on ne décide pas d’être heureux, mais on peut se rendre capable de l’être

  1. le bonheur comme effet indirect


    Le bonheur survient souvent « par surcroît », lorsqu’on agit selon certaines valeurs.


    → Aristote : le bonheur est la conséquence d’une vie vertueuse, non un but recherché directement.

  2. décider de donner un sens à sa vie


    Le sens peut rendre supportables les souffrances et ouvrir à une forme de bonheur.


    → Kant : le bonheur n’est pas le souverain bien, mais il doit être accordé à la vertu.

  3. une décision limitée mais réelle


    On ne décide pas d’être heureux ici et maintenant, mais on peut décider de vivre d’une certaine façon.


    → Camus : dans l’absurde, l’homme ne choisit pas le monde, mais il peut choisir son rapport à lui.

Conclusion On ne décide pas d’être heureux comme on décide d’agir, car le bonheur n’est pas un simple acte de volonté. Cependant, l’homme peut décider de ses choix, de ses valeurs et de son rapport au monde, et ainsi se rendre plus apte au bonheur. Le bonheur n’est donc pas une décision immédiate, mais le résultat fragile et indirect d’une vie choisie.

 

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