
2. Dissertations
pourquoi chercher bonheur
Pourquoi doit-on rechercher le bonheur ?
Le bonheur est généralement perçu comme étant un moment de bien-être, où l'on se sent bien. Le bien être et le bien vivre sont une sensation d’être satisfait de sa vie en ayant ou pas accomplie des choses pour. Il est propre à chaque individu. L’homme recherche le bonheur pour de multiples raisons et parfois il ignore même pourquoi. La recherche peut se définir comme l’action de chercher une chose, parfois perpétuellement. Ainsi l’homme serait en quête perpétuelle du bonheur.
En quoi la quête constante du bonheur est-elle nécessaire?
Dans un premier temps nous allons voir que l’homme recherche le bonheur par nécessité. Puis nous verrons ensuite que le bonheur est une obligation morale que je m’impose. Enfin nous montrerons que cette quête peut donner un sens à la vie, un but à l'existence.
Le bonheur est souvent perçu par l’homme comme difficilement atteignable ou éphémère. Il est au centre de sa vie et sa recherche est constante : il ne peut en être autrement. Le bonheur fait partie intégrante de l’homme et il est nécessaire à sa vie. L’homme a envie d’être heureux, il a besoin d’être heureux. Si la recherche du bonheur peut avoir plusieurs raisons, la plus évidente serait tout simplement celle de mener une existence heureuse. Cependant, la définition même du bonheur semble compliquée. Le bonheur ne n’a pas le même sens pour tout le monde, c’est une notion personnelle. Généralement, l’homme associe souvent son bonheur à la satisfaction de ses désirs car il pense que de cette manière il ne souffrira pas. Pour réussir à vivre heureux, l'homme recherche donc constamment la satisfaction de ses désirs et a une approche hédoniste du bonheur. Le modèle hédoniste préconise le plaisir comme bien ultime et comme résultat de sa quête. Le plaisir arrive donc pour les hédonistes par la satisfaction des désirs et atténue l’idée de souffrance. Ainsi, l’homme aura tendance à satisfaire le plus de désirs possible pour éviter la frustration et la souffrance engendrée par la frustration. Cette satisfaction maximum des désirs entraîne du plaisir donc son bonheur et une vie agréable. Cependant le plaisir n’est pas constant et il faut savoir le prendre quand il est là.
Le bonheur permet d’atténuer la souffrance et peut être atteint par une satisfaction maximale de ses désirs. Le problème c’est que les désirs, une fois satisfait, entraînent d’autres désirs. C’est comme une spirale sans fin et qui, au final, plonge l’homme dans cette frustration qui le fait souffrir. L’homme, pour être heureux, peut aussi faire le choix de la sagesse pour réduire sa souffrance. Il peut alors tenter de les réduire au lieu de les combler et trouver ainsi le bonheur. L’homme a trop de désirs c’est pourquoi il n’arrive pas à être heureux car il ne peut pas tous les satisfaire. En tentant de satisfaire tous ses désirs, l'homme recherchera certes le bonheur, mais il n’arrivera pas à atteindre un plaisir suprême car la satisfaction totale de ses désirs semble difficile à atteindre. L’homme doit donc faire preuve de sagesse, de raison en se donnant alors moins de désir, donc moins de tristesse et de frustration. C’est ce que préconise le modèle épicurien. Ainsi, le bonheur se trouverait pour Epicure et ses adeptes, non pas dans la maximisation du plaisir et de la jouissance des moindres choses mais dans la réduction de nos désirs les plus superficiels et les moins nécessaires afin de s’éviter un état de souffrance. Le but de la philosophie épicurienne est d’atteindre un état de tranquillité d'âme, de paix intérieure ce qui s’apparente au bonheur. Cette paix se trouve par la réduction de nos désirs et non leur satisfaction pleine et entière. On retrouve également cette notion de réduction des désirs dans la philosophie bouddiste qui associe l’essentiel au bonheur.
Le bonheur semble donc nécessaire à l’homme, il ne peut en être autrement. Pour atteindre ce bonheur, l'homme peut satisfaire tous ses désirs ou faire preuve de sagesse, il est libre de choisir la voie qui le mènera au bonheur. Cependant, le bonheur, s'il est nécessaire à l’homme, revêt également un côté obligatoire, une contrainte véhiculée par la société. Le bonheur est alors perçu comme un accomplissement de soi, une fin en soi.
Le bonheur est devenu une obligation. En effet, la société semble nous contraindre à être heureux. L’homme se sent obligé par ses parents dès petit à devenir et à être heureux dans sa vie, alors que le bonheur est personnel et ne peut être imposé. Les parents conditionnent inconsciemment leurs enfants au bonheur car ils pensent eux-mêmes que le bonheur est important dans leur vie, puisqu’eux mêmes ont été conditionnés par leurs parents et la société. Cette idée d’être heureux, de considérer que le bonheur est essentiel à la vie, est intériorisé par l’homme qui le transmet alors de génération en génération. La société exerce également une contrainte sur l’homme et l’oblige elle aussi à être heureux en associant bonheur et réussite. Ainsi, selon la pression exercée par la société, l’homme se sentira obligé de réussir pour atteindre le bonheur. Le bonheur peut être alors vu comme un objectif social où l’individu doit se conformer aux désirs sociaux, tels qu’énoncés par la société. La société va enfermer l’homme dans un bonheur matérialiste et l’homme pour être heureux va devoir se conformer à ce modèle de bonheur imposé. Le conformisme, l’obligation sociale d'être heureux, s’oppose donc au bonheur individuel tel que l’homme peut le concevoir. L’homme peut tout à fait être heureux en dehors de la société de consommation. L’homme ne peut pas se forcer à être heureux, le bonheur n’est pas forcément un devoir comme la société semble nous y contraindre. Par cette obligation sociale à être heureux, l’homme s’ôte en réalité tout plaisir à vouloir être heureux pour soi. L’homme devient donc contraint par la société y compris par ses parents et doit se conformer aux désirs sociaux. Il s’adapte alors à la société ce qui lui enlève alors tout plaisir personnel et cela devient alors le contraire du bonheur individuel.
L’homme pense que le bonheur est essentiel à sa vie et qu’il ne pourrait pas correctement vivre s’il n’était pas heureux. Il s’oblige à l’être et à le devenir par peur de devenir malheureux. Il pense qu’il ne surmontera pas les mauvaises épreuves de sa vie et s’impose le bonheur pour s’accomplir, comme une fin en soi. Le bonheur serait donc le but ultime de la vie. L’homme peut penser que sa vie ne sera pas bonne s’il n’est pas heureux. Cependant si le bonheur est l’affaire de tous, il est difficile à atteindre et ne dure pas. Voltaire met en garde les hommes sur le bonheur car le bonheur n’est pas éternel. Le plaisir est un plaisir éphémère car il n’est pas là tout le temps sinon il serait normalisé et deviendrait banal. Il ne serait alors plus qualifié de plaisir. Le désir extrême et l’extrême souffrance ne durent pas toute la vie. Pour Kant, l’homme qui s’oblige au bonheur pour bien vivre est dans l’illusion : le bonheur est un produit de l'imagination. Pour d'autres philosophes la vie est faite de souffrances et de frustrations et qu’il faut donc les surmonter pour réussir à vivre heureux. On en revient au modèle d’Epicure, il faut apprendre à repousser les désirs inutiles pour se satisfaire de ce que l’on a comme l’affirme Schopenhauer. L’homme s’il considère le bonheur comme un fin en soi, comme un accomplissement doit alors saisir les joies simples de la vie et repousser les désirs inutiles. Pour l'accomplissement de soi, l’homme ne doit pas vouloir le bonheur absolu car c’est une illusion mais profiter de tous les petits plaisirs de la vie au milieu d’une vie de souffrance.
Le bonheur va au-delà de la conception personnelle, c’est également un concept véhiculé par la société. Pour la société, le bonheur est assimilé à la réussite sociale mais le bonheur donne surtout un sens à l’existence.
L’homme utilise le bonheur comme source de motivation pour accomplir des actes qui parfois peuvent le décourager. La société inculque à l’homme le fait que la réussite sociale s’apparente au bonheur alors l’homme est contraint de travailler, d’accomplir des actes pour être heureux. L’homme exerce parfois un travail qu’il n’aime pas mais le fait pour réussir sa vie et donc avoir accès au bonheur car il considère alors que la réussite sociale est source de bonheur. Le bonheur motive donc l’homme à accomplir ses actions au quotidien. Le bonheur devient une source de motivation et en même temps un but pour donner du sens à ses actions quotidiennes. L’homme ne peut pas exercer et accomplir ses tâches sans but, il le fait tout en sachant que ça le rendra peut être heureux. Le bonheur devient donc un but mais aussi une source de motivation pour l’homme qui parfois se perd dans le sens qu’il donne à sa vie. Le bonheur serait alors un but ultime que l’homme se fixe.
L’homme se différencie de l’animal par sa capacité à penser. Il sait qu’il existe, il a conscience de sa vie. Ainsi, vivre et exister sont deux notions différentes. La vie semble être la satisfaction de nos besoins vitaux alors que l’existence prend une dimension plus réfléchie. Dans cette réflexion, le bonheur trouve une place particulière. Dans ce cas-là, le bonheur n’est pas une fin en soi mais fait partie de nous. Le bonheur se cache dans chacune de nos petites actions quotidiennes. L’homme est heureux car il a la conscience d’accomplir ces petites actions et qu'elles ont un but. En se sachant heureux, l’homme existe et ne fait pas seulement simplement que vivre. L’homme prend du plaisir dans ses tâches quotidiennes car c’est dans ces moments là qu’il se sent exister. Il se sent alors utile au monde ce qui renforce cette notion de bonheur. Le bonheur ne tient pas nécessairement à la réussite sociale ou à une maximisation de ses désirs, c’est surtout la conscience d’être heureux et de vivre en harmonie avec soi qui permet à l’homme d’atteindre le bonheur. Ce dernier ne doit pas être perçu comme une fin en soi mais comme un accompagnement quotidien qui jalonne un parcours de vie.
L’homme recherche le bonheur car c’est une nécessité pour vivre. Le bonheur à surtout été imposé par la société est semble contraindre l’homme à être heureux car il serait essentiel pour réussir sa vie. L’homme donne une dimension concrète au bonheur alors qu’il semblerait que ce bonheur soit en lui, tant qu’il en a conscience et qu’il peut exister dans toutes les petites actions du quotidien de l’homme.