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philosophie

3. Commentaires

Sarte L'Etre et le néant

 La signification du passé est étroitement dépendante de mon projet présent. Cela ne signifie nullement que je puis faire varier au gré de mes caprices le sens de mes actes antérieurs, mais bien au contraire que le projet fondamental que je suis décide absolument de la signification que peut avoir pour moi et pour les autres le passé que j’ai à être. Moi seul en effet peut décider à chaque moment de la portée du passé : non pas en discutant, en délibérant et en appréciant en chaque cas l’importance de tel ou tel événement, mais en me projetant vers mes buts, je sauve le passé avec moi et je décide par l’action de sa signification. Cette crise mystique de ma quinzième année, qui décidera si elle « a été » pur accident de puberté ou au contraire premier signe d’une conversion future ? Moi, selon que je déciderai – à vingt ans, à trente ans – de me convertir. Le projet de conversion confère d’un seul coup à une crise d’adolescence la valeur d’une prémonition que je n’avais pas prise au sérieux. Qui décidera si le séjour en prison que j’ai fait après un vol, a été fructueux ou déplorable ? Moi, selon que je renonce à voler ou que je m’endurcis. Qui peut décider de la valeur d’enseignement d’un voyage, de la sincérité d’un serment d’amour, de la pureté d’une intention passée, etc. ? C’est moi, toujours moi, selon les fins par lesquelles je les éclaire. Propose moi une problématique et un plan niveau terminale philosophie.


Problématique : Dans quelle mesure sommes-nous libres de donner un sens à notre passé ?

Cette problématique permet d'explorer à la fois la liberté existentielle que Sartre revendique et les limites de cette liberté dans l'interprétation du passé.

Plan

I. Le passé semble fixé et indépendant de nous

  • Le passé est constitué de faits accomplis : on ne peut pas les modifier.

  • Il semble que les événements passés possèdent une signification intrinsèque.

  • Exemple : un crime, une erreur, une réussite — ces actes semblent parler d’eux-mêmes.

Transition : Pourtant, Sartre affirme que la signification de ces événements n’est pas figée. Elle dépend de notre projet actuel.

II. Selon Sartre, c’est le projet présent qui donne sens au passé

  • Le passé n’a de sens que par rapport à l’avenir que nous nous donnons.

  • Ce n’est pas le passé qui détermine le présent, mais le projet que nous adoptons qui éclaire rétrospectivement le passé.

  • Exemple : une crise mystique adolescente peut être relue comme un signe annonciateur d’une vocation religieuse, si et seulement si je décide de me convertir plus tard.

III. Les limites et implications de cette liberté interprétative

  • Cette liberté ne veut pas dire réécrire arbitrairement le passé : les faits restent les mêmes, mais leur sens change.

  • Cette idée peut être libératrice : nous ne sommes pas condamnés à notre passé.

  • Mais elle implique une grande responsabilité : nous sommes les seuls auteurs du sens que prend notre histoire.

  • Questionnement : peut-on vraiment interpréter librement un passé douloureux ? Ne risque-t-on pas l’auto-illusion ?

✅ Conclusion possible :

Selon Sartre, nous ne sommes pas enfermés dans notre passé ; nous en sommes les interprètes, à la lumière de nos projets présents. Le sens du passé n’est pas donné une fois pour toutes : il est toujours à construire. Cette liberté radicale d’interprétation est exigeante, car elle nous rend pleinement responsables du regard que nous portons sur notre propre vie.

Souhaites-tu que je t’aide à rédiger l’introduction et la conclusion complètes dans un style type dissertation ?

Introduction

Il nous arrive souvent de repenser à notre passé, de réévaluer certaines expériences ou décisions à la lumière de ce que nous sommes devenus. Mais cela soulève une question essentielle : pouvons-nous réellement choisir le sens de notre passé, ou ce sens nous échappe-t-il, figé une fois pour toutes par les faits ? Dans un extrait de ses réflexions existentialistes, Jean-Paul Sartre soutient une thèse originale et audacieuse : la signification de notre passé dépend du projet que nous construisons dans le présent. Autrement dit, c’est notre orientation actuelle, nos buts et nos choix présents qui donnent sens à ce que nous avons vécu.Cela invite à nous interroger : dans quelle mesure sommes-nous libres de donner un sens à notre passé ?Nous verrons d’abord que le passé semble, à première vue, résister à notre liberté, car il est constitué de faits irréversibles. Mais nous étudierons ensuite l’idée sartrienne selon laquelle notre projet de vie actuel éclaire rétrospectivement notre histoire. Enfin, nous nous interrogerons sur les limites de cette liberté interprétative et sur la responsabilité qu’elle implique.



I. Le passé semble s’imposer à nous comme une réalité fixe et indépendante

À première vue, le passé apparaît comme ce qui est accompli, irréversible. Il est constitué d’événements, d’actions, de paroles qui, une fois produits, ne peuvent être ni effacés ni modifiés. Ainsi, une faute commise ou une réussite obtenue semble garder pour toujours le même sens. Il paraît alors évident que le passé nous précède et nous détermine, en donnant à notre vie une direction que nous n’avons pas toujours choisie consciemment.Par exemple, une erreur grave commise dans la jeunesse peut hanter une personne toute sa vie, comme une tache impossible à effacer. Il semble donc que nous subissions le passé, que nous soyons définis par lui, et que son sens ne dépende pas de notre liberté, mais de la nature même des événements.Cette vision du passé comme fixe et contraignant semble contredire l’idée de liberté : si notre passé détermine ce que nous sommes, alors comment pourrions-nous en modifier le sens ?

II. Selon Sartre, c’est le projet présent qui donne sens au passé

Jean-Paul Sartre, au contraire, affirme que le sens du passé n’est jamais donné une fois pour toutes, mais dépend du projet existentiel que nous adoptons dans le présent. En d’autres termes, ce n’est pas le passé qui éclaire le présent, mais le présent qui éclaire le passé.Dans le texte, Sartre donne plusieurs exemples : une crise mystique à l’adolescence ne prendra un sens religieux que si, plus tard, l’individu décide de se convertir. De même, un séjour en prison peut être interprété comme une épreuve formatrice ou comme un épisode d’enracinement dans la délinquance, selon les choix futurs de la personne.Ainsi, notre passé ne possède pas de signification en soi ; c’est notre liberté actuelle qui en décide. Cette idée repose sur une conception existentialiste de l’homme : nous ne sommes pas définis par ce que nous avons été, mais par ce que nous décidons d’être. Chaque choix que nous faisons éclaire rétrospectivement les événements de notre vie et leur donne une cohérence nouvelle.Par l’action, par notre engagement dans un projet, nous « sauvons le passé avec nous », selon les mots de Sartre.

III. Les limites et implications de cette liberté interprétative

Cependant, cette liberté d’interpréter notre passé ne signifie pas que nous pouvons réécrire les faits comme bon nous semble. Le passé reste ce qu’il est : nous ne pouvons pas nier les actes accomplis, ni effacer leurs conséquences objectives. Ce que Sartre souligne, ce n’est pas que nous pouvons changer les faits, mais que leur signification n’est pas figée.Mais cette liberté a ses limites. Peut-on vraiment donner un sens positif à un événement profondément traumatique ? Le simple fait de décider de l’interpréter autrement suffit-il à en guérir les effets ? Il est possible que certaines blessures du passé résistent à toute relecture, aussi volontaire soit-elle.Par ailleurs, la liberté d’interprétation sartrienne implique une lourde responsabilité : puisque je suis seul à pouvoir donner un sens à mon passé, je ne peux accuser ni autrui ni les circonstances de ce que je fais de ma vie. Cette vision peut être libératrice, car elle donne à chacun le pouvoir de se réapproprier son histoire. Mais elle peut aussi être exigeante, voire angoissante : je suis seul responsable du récit que je construis à partir de mon existence.Enfin, cette conception ouvre une réflexion plus large sur l’identité personnelle : suis-je le produit de mon passé, ou bien le créateur de mon devenir à travers la façon dont je relis ce passé ?





✅ Conclusion

Le passé, en tant qu’ensemble d’événements accomplis, semble a priori s’imposer à nous comme une réalité immuable. Pourtant, Sartre nous invite à le considérer non comme un poids déterminant notre présent, mais comme un matériau dont le sens dépend de la direction que nous donnons à notre existence. Notre liberté ne réside pas dans l’effacement ou la négation des faits, mais dans notre pouvoir de les interpréter à travers notre projet présent.Cette conception offre une forme de libération : elle nous permet de ne pas être enfermés dans nos erreurs ou nos souffrances passées, tant que nous décidons d’agir autrement. Toutefois, elle engage une responsabilité : nous ne pouvons plus nous cacher derrière notre passé, car nous sommes les auteurs du sens que nous lui attribuons.Ainsi, le rapport que nous entretenons avec notre passé reflète notre liberté la plus intime : celle de faire de notre vie une œuvre, dont nous décidons à chaque instant la cohérence et la portée.






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