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Le mal - Rimbaud : l'essentiel

Photo du rédacteur: Stéphanie Mongenie
Stéphanie Mongenie
il y a 24 heures
3 min de lecture


Statue symbolisant le Mal évoqué dans le poème éponyme de Rimbaud.



📢Tu veux maîtriser ton analyse sans apprendre des pages par cœur ?


Cette fiche rassemble l’essentiel à retenir et te donne une méthode simple pour reconstruire ton explication à l’oral.









Le Mal


Tandis que les crachats rouges de la mitraille

Sifflent tout le jour par l’infini du ciel bleu ;

Qu’écarlates ou verts, près du Roi qui les raille,

Croulent les bataillons en masse dans le feu ;


Tandis qu’une folie épouvantable broie

Et fait de cent milliers d’hommes un tas fumant ;

– Pauvres morts ! dans l’été, dans l’herbe, dans ta joie,

Nature ! ô toi qui fis ces hommes saintement !…


– Il est un Dieu, qui rit aux nappes damassées

Des autels, à l’encens, aux grands calices d’or ;

Qui dans le bercement des hosannah s’endort,


Et se réveille, quand des mères, ramassées

Dans l’angoisse, et pleurant sous leur vieux bonnet noir,

Lui donnent un gros sou lié dans leur mouchoir !


A. Rimbaud,Cahiers de Douai, (1870)




1. L’essentiel du passage


Dans ce sonnet, Rimbaud dénonce la violence de la guerre et l’indifférence de ceux qui la provoquent. Il montre l'anéantissement des soldats dans un paysage marqué par le sang et le feu, puis accuse une Nature silencieuse face au massacre. Enfin, il s’attaque à une religion devenue hypocrite et intéressée, incapable de secourir les victimes mais attentive aux offrandes.


🧐 Idée essentielle : Rimbaud dénonce une guerre meurtrière, une Nature indifférente à la souffrance humaine et une religion hypocrite et intéressée.



2. Problématique – mouvements & procédés


Comment Rimbaud dénonce-t-il les horreurs de la guerre et l’hypocrisie religieuse dans ce poème ?



I. Une vision apocalyptique de la guerre

Premier quatrain


Rimbaud représente la guerre comme un spectacle de violence et d’anéantissement collectif.


  • Métaphore : « les crachats rouges de la mitraille »

La mitraille est assimilée à des crachats sanglants : Rimbaud donne à la guerre une dimension répugnante et monstrueuse.


  • Inversion + métaphore : « Croulent les bataillons » / « en masse dans le feu »

L’effondrement des bataillons souligne le massacre collectif tandis que le « feu » transforme le champ de bataille en véritable enfer.


II. Une nature complice et silencieuse

Deuxième quatrain


La beauté de la nature contraste avec le massacre et devient le symbole d’un monde indifférent à la souffrance humaine.


  • Métaphore : « une folie épouvantable broie »

La guerre apparaît comme une force monstrueuse qui détruit les hommes sans distinction.


  • Apostrophe + anaphore : « Nature ! » / « dans l’été, dans l’herbe, dans ta joie »

Rimbaud interpelle une Nature associée à la beauté et à la vie, mais qui reste silencieuse devant la mort des soldats.


III. Une critique virulente de la religion

Les deux tercets


Rimbaud s’attaque à une religion qui semble davantage préoccupée par le luxe et l’argent que par la souffrance humaine.

  • Ironie + champ lexical du luxe religieux : « nappes damassées, encens, calices d’or »

L’accumulation des objets précieux dénonce une religion davantage attachée aux apparences et aux richesses qu’à la détresse des hommes.


  • Image satirique : « le gros sou »

Le contraste entre la pauvreté des mères et l’importance donnée à leur offrande rend la critique particulièrement ironique : Dieu semble ne « se réveiller » que pour l’argent.



3. Ce que tu dois savoir expliquer


✔ Comment Rimbaud représente-t-il la guerre ?

→ Comme une force monstrueuse qui broie et anéantit collectivement les hommes, loin de toute vision héroïque.


✔ Pourquoi la Nature est-elle présentée comme « complice » du massacre ?

→ Parce qu’elle continue d’offrir sa beauté et sa joie alors que les soldats meurent, sans sembler réagir à leur souffrance.


✔ Comment Rimbaud critique-t-il la religion ?

→ Il oppose le luxe des cérémonies religieuses à la misère des victimes de la guerre et présente Dieu comme indifférent à leur souffrance.


✔ Comment le poème devient-il une dénonciation de la guerre et de ceux qui la tolèrent ?

→ Rimbaud montre successivement les victimes, l’indifférence de la Nature et l’inertie d’une religion davantage préoccupée par ses rites et ses offrandes.



4. Les erreurs à éviter


❌ Présenter Le Mal comme un simple récit de bataille : Rimbaud cherche avant tout à dénoncer la guerre.

❌ Oublier le contraste entre la beauté de la nature et l’horreur du massacre.

❌ Dire que Rimbaud critique seulement Dieu : sa satire vise aussi une religion attachée au luxe, aux rites et à l’argent.

❌ Énumérer les procédés sans expliquer ce qu’ils révèlent de la dénonciation.

❌ Oublier la progression du poème : guerre → Nature → religion.



📋 À retenir

La guerre détruit les hommes → la Nature reste indifférente → la religion apparaît hypocrite et intéressée. 





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