Le portrait en creux
- Stéphanie Mongenie
- 4 janv.
- 2 min de lecture
Dernière mise à jour : il y a 3 jours

📢 En littérature, le portrait d’un personnage ne passe pas toujours par une description directe : certains auteurs choisissent au contraire de le faire apparaître de manière indirecte, à travers ce que le personnage dit, pense ou ne possède pas ; c’est ce que l’on appelle le portrait en creux.
1. Qu’est-ce qu’un portrait en creux ?
Un portrait en creux est une manière de décrire un personnage sans le présenter directement. Au lieu de dire explicitement qui il est ou comment il est, l’auteur passe par ce qu’il n’est pas, ce qu’il n’a pas, ou encore par le regard qu’il porte sur le monde.
Le lecteur doit donc reconstituer le portrait à partir d’indices dispersés dans le texte.Ce procédé rend le personnage plus subtil, plus profond, et invite à une lecture active.
2. Comment se construit un portrait en creux ?
Le portrait en creux se construit généralement à partir de plusieurs éléments :
la négation : le personnage dit ce qu’il n’a pas, ce qu’il ne sait pas, ce qu’il refuse.
l’implicite : certaines informations ne sont pas dites clairement, mais suggérées.
les jugements et réflexions du personnage : sa manière de penser révèle ses valeurs, son caractère, sa sensibilité.
la comparaison avec les autres ou avec la société : le personnage se définit par contraste.
Ce type de portrait est fréquent dans les romans épistolaires, car la lettre permet l’expression intime de soi sans description formelle.
3. Exemple : Lettres d’une Péruvienne de F. de Graffigny
Lettre XX – Zilia écrivant à Aza
« Je n’ai ni or, ni terres, ni adresse ; je fais nécessairement partie des citoyens de cette ville. »
Dans cet extrait, Zilia ne se décrit pas physiquement ni moralement de façon directe. Pourtant, le lecteur comprend beaucoup de choses sur elle :
par l’énumération négative « ni or, ni terres, ni adresse », Zilia souligne son absence de richesse et de pouvoir.
ce manque révèle sa lucidité : elle comprend les critères de reconnaissance sociale dans la société française.
en affirmant qu’elle fait « nécessairement partie des citoyens », elle se présente comme une femme modeste, intégrée malgré elle dans un ordre social qu’elle observe avec distance.
👉 Ainsi, le portrait de Zilia se dessine en creux : c’est une femme étrangère, dépourvue de biens, mais réfléchie, critique et consciente des mécanismes sociaux. Son identité se construit moins par ce qu’elle possède que par sa pensée et son regard sur le monde.
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